Notre village.

Il faut que je vous présente notre village, Granges-en-Cévennes.

Mais ici tout le monde coupe : Granges ça suffit bien vu les impôts qu'on nous impose.

La spécialité du coin ce sont les andouilles qu'on fabrique régulièrement, mais le point fort c'est quand les élections sonnent les rassemblements de ceux qui promettent un avenir meilleur à nos cons de citoyens qui gobent tout ce qu'on leur avance.

Même l'impossible !

Un exemple : aux dernières communales, y'en a qui ont juré qu'ils allaient faire un grand parking en centre ville pour que les gens de l'extérieur puissent venir faire leurs courses chez les petits commerçants du centre ; comme ça ils crèveraient pas, nos chers petits commerces, et les vieux du centre ne seraient pas obligés de sa taper deux kilomètres pour aller à Super Cul... Ben y'en a un paquet qui l'ont cru ! Surtout les vieux qui peuvent plus arquer !

En attendant, Super Cul a agrandi son parking et les vieux se sont achetés une canne.

Et le parking central village n'a pas été programmé because que le maire a découvert incidemment que les caisses étaient à plat à cause du gouvernement qui baissait les subventions communales du jour au lendemain, sans prévenir ! Sauf que ce lendemain là c'était le lendemain des élections !

Salaud de gouvernement !

Notez bien que d'autres ont promis une baisse vertigineuse des impôts locaux ; Juste qu'ils n'avaient pas précisés l'année.

Les grands moments c'est quand y'a une inauguration ; alors là, mes aïeux, ça vaut le coup d’œil !

Les petits devant, les grands derrière et ceux qui votent blanc, au milieu.

                                

Et tout ce beau monde qui fait semblant d'écouter religieusement l'orateur.

Mais faut entendre ce qui se chuchote au sein de l'essaim :

  • J'espère qu'il est pas bègue : t'as vu le paquet de feuillets qu'il tient ?

  • C'est quoi comme apéro, aujourd'hui ?

  • Et vas-y que je te tartine... Et vas-y que je te tartine...

  • S'ils croivent qu'on va voter pour une gauche adroite, ils se le mettent jusqu'au coude

  • En attendant, ce sont les cafetiers qui rigolent grave : leur terrasse est pleine de gens qui vident des demis et puis qui sont pleins.

    Je vous passe les appréciations sur la tenue vestimentaire de la première adjointe qui est hautement susse pectée d'avoir gagné ses galons à grand coups de reins : son décolleté plongeant monopolise les regards car ici, le respect se pose là où l’œil se pose.

    D'après la rumeur, son père ne buvait pas que du Vichy car il aurait été amer de voir sa mère fricoter avec un gugus mi-lisse mi-rugueux qui faisait dans la colle à beau bois... il aurait publié en 1942 une rubrique hautement franchouillarde "La petite prison dans la mairie" ou il était question d'un paysan du Larzac qui, entré en résistance était sorti par la petite porte.

    Le speech enfin terminé, on réveille les morts à grand coup de canards made in fanfare communale ; et, bien sûr à la fin , les applaudissements soulagés crépitent dans l'espoir que le silence fasse place à l'invitation à l'apéro de l'amitié...

Tu parles d'une amitié... Le jour ou on supprime l'apéro on aura le remake du grand silence blanc : "Arrête de prêcher dans le désert, Sahara Bernard"

Ça, c'est la flèche favorite de l'ami Courtecuisse, le digne patron du bar du commerce.

Mai je m’aperçois que je ne vous ai pas présenté la bande du café du commerce : Je vais illico dans un prochain épisode