chroniques pathétiques du Rieutord

08 février 2018

Présentations.

 

Bonjour, je m’appelle Poissard, et madame Poissard, ma femme, s’appelle aussi Poissard: c’est pas pratique pour le courrier, mais à la longue nous nous sommes organisés : les publicités pour elle et les factures pour moi.

Il y a parfois des trucs difficiles à gérer: par exemple, quand elle reçoit des pub pour les lotions capillaires pour chauves elle ne me les donne pas, par contre quand je reçois les factures de produits de beauté, je paye, moi!

Et pas qu’un peu! Figurez vous que pas plus tard qu’hier, j’en ai reçu une… Un truc à pas jeter l’eau propre sur sa féminité: crème réductrice de bourrelets, deux cents euros! Hé, elle s’est faite avoir parce qu'elle n’a pas de bourrelets ! Ces bourrelets à elle ça s’appelle des bouées! J’ai regardé dans le dico médical : à moins de vingt centimètres d’épaisseur, ça porte encore le nom de bourrelet… mais pas après… ils sont formels : ce sont des bouées !

C’est comme ses régimes, à madame Poissard… elle en fait au moins trois par an : un avant l’été pour se mettre en maillot, un après l’été pour rattraper ses  dérapages du farniente de l’été  et un avant l’hiver pour ne pas avoir trop à perdre pour attaquer le régime de pré saison, juste avant celui de l’été…

Je sais, ça fait quatre, mais elle bénéficie toujours d’une promo : un trois pour quatre, qu’ils appellent…

Comme elle dit souvent, madame Poissard, ma femme, si Dieu avait créé la femme à son image, il y aurait des fabricants de cosmétiques qui seraient moins gras.

Ah, elle a une sacré volonté, madame Poissard : ça fait huit fois qu’elle arrête de fumer… et chaque fois qu’elle s’aperçoit qu’elle a pris vingt kilos, elle reprend la clope pour maigrir… seulement elle n’en perd que dix, à chaque fois… c’est usant parce qu’elle fait encore plus de régime et comme les régimes ça lui colle la migraine, si vous voyez ce que je veux dire…

Mais elle a beaucoup d’humour, madame Poissard.

Elle dit un truc que tout le monde ne comprend pas tout de suite :

"Moi, quand je maigris, je m’aigris et quand je m’aigris je grossis donc, quand je maigris, je grossis ! Et comme quand je grossis ça m’aigrit, il vaudrait mieux que je jeûne et j’ai donc entamé une longue période de jeunes dont le plus vieux n’a même pas dix huit ans…"

Elle est balèze, madame Poissard, non ?

Posté par alain lagrave à 15:45 - Commentaires [0] - Permalien [#]


09 février 2018

Notre cher commerce

                                                      

Avec madame Poissard, ma femme, nous tenons une boulangerie. Enfin, c’est pas une vraie boulangerie : c’est un terminal de cuisson… un point chaud, comme ils disent ; Parce que on veut bien faire du fric, mais oh ! Faut pas déconner, je vais pas me lever tous les matins à trois heures ! Sans blague !

Non, moi je me lève à sept heures, j’ouvre le magasin à huit heures, pour vendre les restes de la veille, et les emmerdeurs, s’ils ne sont pas contents, ils n’ont qu’à aller à Super Cul : qui ouvre à neuf heures… Hé Hé.

En deux heures, je décongèle les pâtons, monte le four à 150° sel suisse et le tour est joué : madame Poissard arrive à dix heure et se tanque derrière sa caisse préférée : celle qui ne rend pas la monnaie !

Non, je déconne, elle la rend quand les clients reste la main tendue... et là, elle arbore son sourire de politicien qui vient de prendre un râteau aux élections : "Excusez moi j'chui pas encore bien réveillée : mon Poissard m'a astiquée grave, c'te nuit".

Même qu'un jour y'a une jeunette qui, du tacle au tacle, lui a dit : "Ben le mien il mastique plusieurs fois par jour attendu qu'il est vitrier !"

"J'vois pas le rapport" C'est le seul truc qu'elle a trouvé à répondre, ma Poissard qui a ajouté entre ses dents : "T'as qu'a aller à Super Cul, Connasse !"

Mais, pour balancer sa vacherie, elle a quand même attendu que l'autre ait tourné les talons... Hé ! on va quand même pas perdre des clients, non ?

Notez qu’avec Super Cul, on a au moins un point commun : les vrais boulangers, on peut pas les blairer : Tous des prétentieux… Ils te marquent bien gros dans leur magasin :

"Notre pain est entièrement fabriqué dans notre fournil"… Pauvres cons ! Est-ce que nous on marque :

"On sait pas ou notre pain a été fabriqué"?

Et pourtant on le sait pas…

Comme dit le représentant des pâtons congelés :

- Le jour où le gouvernement vous oblige à marquer tous les produits qu’il y a dans votre pain, vous avez aussi vite fait d’ouvrir une pharmacie !

Et ne croyez pas que c’est facile de tenir un point chaud: tous les emmerdeurs, ils sont pas à Super Cul, si vous voyez ce que je veux dire…

Il y en a un que je peux pas blairer : genre intellectuel fatigué… c’est au moins un prof ! Alors, au début qu’il venait, il nous racontait qu’il avait fait l’école des Jésuites d’Arcachon, quand il habitait chez sa marraine d'Oléron, puis l’école des Jésuites de Bouzigues… Qu’est-ce qu’on en a à foutre de là où il a été à l’école !

Té, pas plus tard que dimanche, il se pointe avec sa tronche de lumière éteinte et avec son accent qu’on dirait Balladur qui gronde Sarkozy, il fait à madame Poissard, ma femme :

- Pourrais-je avoir dix croissants dans l’ordre décroissant madame Poissard ? Alors, la mienne, complètement paniquée, elle lui dit :

- Désolée monsieur, nous n’avons pas ça ici… Moi, la moutarde qui me démonte le nez, j’y fais un gros clin d’œil, à madame Poissard, ma femme, et j’y dis :

-Laisse, Maman, je m’en occupe, puis, je me tourne vers l’asticot et d’un regard méchant j’y fais :

-Alors, monsieur, y a un problème ? Et l’autre, pouêt pouêt pouêt… de trouille, il a rien dit…

Comme ça, j’ai pu y filer des croissants normaux…

Et voilà pas qu’il insiste le désossé ? IL me tend un billet de cent euro comme si que j’allais lui dire que j’avais pas de monnaie et qu’il payerait plus tard…

Té ! Que dalle, j’y ai refilé toute ma monnaie et tant pis si j’en avais plus !

Et puis, qu’il me dit, la bouche en cul de moule :

- Heu… voilà, je suis un peu fauché en ce moment, vous seriez aimable de ne dépenser ce billet que dans quinze jours…

Moi j’ai dis oui, bien sûr car il faut jamais dire non dans un commerce, mais le billet on l’a dépensé le lendemain, avec madame Poissard, ma femme.

Non mais, sans blague ! On va pas tenir une comptabilité parallèle pour les clients fauchés, non ? On a déjà assez de boulot avec notre black…

Posté par alain lagrave à 15:06 - Commentaires [0] - Permalien [#]

13 février 2018

Notre village

Notre village.

Il faut que je vous présente notre village, Granges-en-Cévennes.

Mais ici tout le monde coupe : Granges ça suffit bien vu les impôts qu'on nous impose.

La spécialité du coin ce sont les andouilles qu'on fabrique régulièrement, mais le point fort c'est quand les élections sonnent les rassemblements de ceux qui promettent un avenir meilleur à nos cons de citoyens qui gobent tout ce qu'on leur avance.

Même l'impossible !

Un exemple : aux dernières communales, y'en a qui ont juré qu'ils allaient faire un grand parking en centre ville pour que les gens de l'extérieur puissent venir faire leurs courses chez les petits commerçants du centre ; comme ça ils crèveraient pas, nos chers petits commerces, et les vieux du centre ne seraient pas obligés de sa taper deux kilomètres pour aller à Super Cul... Ben y'en a un paquet qui l'ont cru ! Surtout les vieux qui peuvent plus arquer !

En attendant, Super Cul a agrandi son parking et les vieux se sont achetés une canne.

Et le parking central village n'a pas été programmé because que le maire a découvert incidemment que les caisses étaient à plat à cause du gouvernement qui baissait les subventions communales du jour au lendemain, sans prévenir ! Sauf que ce lendemain là c'était le lendemain des élections !

Salaud de gouvernement !

Notez bien que d'autres ont promis une baisse vertigineuse des impôts locaux ; Juste qu'ils n'avaient pas précisés l'année.

Les grands moments c'est quand y'a une inauguration ; alors là, mes aïeux, ça vaut le coup d’œil !

Les petits devant, les grands derrière et ceux qui votent blanc, au milieu.

                                

Et tout ce beau monde qui fait semblant d'écouter religieusement l'orateur.

Mais faut entendre ce qui se chuchote au sein de l'essaim :

  • J'espère qu'il est pas bègue : t'as vu le paquet de feuillets qu'il tient ?

  • C'est quoi comme apéro, aujourd'hui ?

  • Et vas-y que je te tartine... Et vas-y que je te tartine...

  • S'ils croivent qu'on va voter pour une gauche adroite, ils se le mettent jusqu'au coude

  • En attendant, ce sont les cafetiers qui rigolent grave : leur terrasse est pleine de gens qui vident des demis et puis qui sont pleins.

    Je vous passe les appréciations sur la tenue vestimentaire de la première adjointe qui est hautement susse pectée d'avoir gagné ses galons à grand coups de reins : son décolleté plongeant monopolise les regards car ici, le respect se pose là où l’œil se pose.

    D'après la rumeur, son père ne buvait pas que du Vichy car il aurait été amer de voir sa mère fricoter avec un gugus mi-lisse mi-rugueux qui faisait dans la colle à beau bois... il aurait publié en 1942 une rubrique hautement franchouillarde "La petite prison dans la mairie" ou il était question d'un paysan du Larzac qui, entré en résistance était sorti par la petite porte.

    Le speech enfin terminé, on réveille les morts à grand coup de canards made in fanfare communale ; et, bien sûr à la fin , les applaudissements soulagés crépitent dans l'espoir que le silence fasse place à l'invitation à l'apéro de l'amitié...

Tu parles d'une amitié... Le jour ou on supprime l'apéro on aura le remake du grand silence blanc : "Arrête de prêcher dans le désert, Sahara Bernard"

Ça, c'est la flèche favorite de l'ami Courtecuisse, le digne patron du bar du commerce.

Mai je m’aperçois que je ne vous ai pas présenté la bande du café du commerce : Je vais illico dans un prochain épisode



Posté par alain lagrave à 17:56 - Commentaires [0] - Permalien [#]