chroniques pathétiques du Rieutord

18 avril 2018

La manif.

 

 Je rentre d’une manif organisée par une association de citoyens en colère : figurez vous que le conseil général veut installer une déchetterie sur notre commune… rien que ça !

Nous bien sûr, nous, on est pas d’accord : on veut bien faire des déchets, mais faut pas déconner, la déchetterie z’on qu’a l’installer à St Martin : c’est un village de pauvres et ils oseront pas refuser, eux, car ça doit pas les déranger vu qu’ils ont déjà tous les bassins de décantation de la région...

Une odeur de merde de plus ou de moins, hein ? Et puis, la merde, ils y sont habitués : leur maire est conservateur réactionnaire de gauche.

Tenez, dernièrement, le président du conseil général est passé en voiture et il a été révolté par le camp de manouches qu’on voit de la route ; Il a réuni tout le conseil général et ils ont fait ce qu’il fallait pour qu’on ne voit plus jamais ça : ils ont voté un budget spécial pour qu’on plante des cyprès entre la route et les caravannes des manouches !

La manif avait bien démarré : la moitié gueulait "Tu sais où tu peux la mettre ta déchetterie ? "Et l'autre moitié reprenait : "Tu sais ? Tu sais ? Tu sais ?"

Et tous en cœur sur l'air des lampions : "Dans ton cul, la balayette !"

Bon, je reconnais que les poètes n'y trouvaient pas leur compte mais ça nous rappelais un peu les grands soirs de mai 68.

Et puis, ça a mal tourné car la tête de la manif allait vers la préfecture et la queue allait vers le bistrot… tant et si bien, qu’au bout d’un moment, les CRS qui arrivaient de la cantine, se sont trouvés coincés entre deux feux et ils ont cru qu’on cherchait la baston… Fouille ouille ouille ! il a plu des bosses. Moi j’adore la baston, surtout quand il y a toute la bande avec moi…

Bref, Y’avait Courtecuisse et Chaudoreille qui avaient coincé un CRS, il avait mis son casque à l’envers, ce con, et il y voyait rien !

On l’a soustré à la vigilance de ses collègues en l’emmenant derrière une porte cochère et on l’a tabassé longuement en l’injuriant avec l’accent arabe pour qu’il croie que c’était eux :

-                             Alors , m’siou li ci ir is, t’y aim’ pas li magrit bien, nadinnnne meuk ! 

Le mec y gueulait :

-                             Arrêtez, c’est moi ! Et ce n’est qu’au bout de dix minutes que Chaudoreille à dit :

-                             Putain, mais je connais cette voix ? On a enlevé le casque du gonze : c’était son fils, militant aux milices du devoir, qui s’était déguisé en CRS pour semer le box… 

On s’est éclipsé en douce et on a fini chez Courtecuisse qui a offert 8 tournées pour  conjuguer la frayeur  comme il dit.

Le lendemain, on a su par la radio qu’un collègue qu’on appelle  la Tremblante  à cause qu’il pisse toujours sur ses godasses, avait été déféqué dans le cabinet du juge parce qu’il n’avait pas de papiers… Et Courtecuisse a dit :

-                             Normal c’est un semeur de merde  !

Si vous voyez ce que je veux dire

Posté par alain lagrave à 16:05 - Commentaires [0] - Permalien [#]


19 mars 2018

Notre chien, Rip.

Avec madame Poissard, ma femme, on a pas d’enfant… on a eu peur que Rip soit jaloux…

Hé, faut le voir, Rip, c’est un sacré chien ! Un espagnol breton croisé avec un gros que dalle, vous savez le berger belge ? Ca lui donne une tronche effrayante à Rip, d’être croisé avec un berger belge, surtout que ça devait pas être un flamand tout rose, son père à Rip…

Il m’énerve un peu quand même, ce clebs, parce qu’il est toujours en train de lécher. Madame Poissard elle me dit que c’est normal qu’il lèche car il doit avoir la lèche maniose…

L’autre jour, j’ai pris un fou rire parce qu’il léchait affectueusement la bouche de madame Poissard qui lui faisait des mamours : Alors elle me fusille du regard et elle me demande ce que j’ai à rigoler comme un merdeux !

- Justement ! je lui répond entre deux crises de fou rire, tout à l’heure, il était en train d’en lécher une !

-Mais une quoi, abruti !

- Hé bien : une merde !

Là, vous auriez vous la tronche à la Poissard : un vrai puzzle de chez Super Cul (c'est-à-dire que t’as beau chercher l’humanisme tu trouves que l’hébétude.)

Là où il m’énerve le plus, ce clébard, c’est le matin quand je me lève : je suis pas debout qu’il prend ma place dans le lit… et il se pelotonne contre madame Poissard, sous les draps ! Moi, à la place de madame Poissard, je le permettrais pas et au contraire, la mienne, les yeux fermés, elle roucoule… même qu’une fois elle a dû y filer une drôle de baigne parce qu’il l’avait plein de sang sur le museau et qu’il s’est mit à hurler à la mort comme le loup de Tex Avery.

C’est un coup à attraper la lèche maniose, ça… non ?

Et après ça on dit que le chien est le meilleur ami de l’homme… si vous voyez ce que je veux dire…

Posté par alain lagrave à 09:39 - Commentaires [0] - Permalien [#]

14 mars 2018

La concurrence déloyale.

 

Ah, il commençait à nous gonfler grave avec ses super promos ce connard de super cul.

Avec madame Poissard, ma femme, on se demandait comment on pouvait les contrer car ils ont une politique de marketing très agressive. C'est pas comme nous qu'on augmente régulièrement pour que les habitudes ne soient pas perdues : 10% pas an... C'est le tarif syndical !

Alors, j'ai pris mon courage à demain et aujourd'hui je suis allé voir le responsable "commerce intra muros" du conseil municipal à ne pas confondre avec la branche "Granges le grand" qui s'occupe des commerces capitalistes qui font croire qu'ils sont du côté des pauvres... Tu parles d'une foutaise ! Comme si ils allaient verser des impôts à la trésorerie de Granges en plus ! Non, ils préfèrent optimiser leurs dividendes avec des répartitions de versements... En gros, ils payeraient la moitié du quart du dixième de ce qu'ils pourraient payer si leur "conseillers financiers" n'avaient pas trouvé une niche fiscale au profit des pauvres actionnaires dans le besoin...

Moi je vous l'affirme, mes amis, on se le fait mettre dans le sens de la longueur.

Le plus rigolo, c'est quand la ville leur construit des bretelles entrées et sortie de leurs magasin et que sur le permis de construire on t'annonce pudiquement : "Coût des travaux ; 50% département, 30% conseil général et 10% la commune"... J'ai beau recompter, je sens comme un peu d'évaporation. Et puis, de toutes façons c'est toujours 100% de la poche du contribuable !

Alors, devant mon dynamisme forcené où je lui ai prouvé que je ne pouvais pas m'en sortir avec mon petit magasin, le responsable "commerce intra muros" est allé voir le maire et ils m'ont concocté un super arrangement : ils m'ont promis que je ne payerai plus la taxe des commerces, et que toute la bande de sangsues qui perçoivent les charges sociales, me feraient verser moitié moins de charges si mon chiffre tombait de moitié...

Les seuls qui n'ont rien voulu savoir, c'est ceux de la médecine du travail car ils n'ont pas envie de faire faillite eux aussi... Déjà qu'ils sont obligés de ne faire qu'une visite tous les deux ans alors que nous on doit payer une visite tous les ans pour les maintenir à flot...

Mais enfin, je suis content de m'en être si bien tiré et comme dit madame Poissard, ma femme, "t'as bien fait d'exiger sinon ils t'auraient rien donné"

Posté par alain lagrave à 09:57 - Commentaires [0] - Permalien [#]

05 mars 2018

Ma bande

 

  Ah, on est une bonne équipe de déconneurs, dans la bande, et on a tous des surnoms.

Par exemple, Lily Portial, on l’appelle Saint Claude parce qu’elle mesure 1,45 mètre et que… bref, vous m’avez compris : elle est célibataire parce que y a pas un gars du coin qui a voulu la marier ; Mais elle est bien brave et elle aime bien rendre service, surtout les soirs de bringue, si vous voyez ce que je veux dire…

Vous avez Jeanine Turou : la Coupatrèfle : Ce surnom lui vient de la belote : lorsqu’elle va couper à trèfle, elle se met à loucher et personne n’a pu expliquer ce phénomène. Mais ce qu’il a de certain, c’est que plus jeunes, on jouait souvent avec elle à la belote à deux avec des gages…

Vous avez  Chaudoreille : Jean Dupont, le directeur de la banque;

Je crois qu’on l’appelle ainsi parce que dès que quelqu’un n’est pas d’accord avec lui, il répète toujours :

 - Vous allez pas commencer à m’échauffer les oreilles, non ?  Sa banque s’appelle… heu…c’est vrai que j’ai promis de pas citer son nom… Bon, pour vous mettre sur la voie, je vous donne juste les initiales : BNP… Alors lui c’est un poète : figurez vous que sur le mur du fond de la banque, il a fait marquer en gros :  Ici, le bonheur est dans le prêt! 

Et aussi Calamar, un dragueur de première , avec lui c'est simple ; le monde féminin se partage en deux catégories : 1/ les chaudasses et 2/ les saintes n'y touche pas... c'est Saint Claude qui l'a baptisé Calamar mais on savait pas pourquoi, alors, un soir de java, sentencieuse, elle nous pose la question "Vous savez avec quoi on attrape les calamars ?" après le grand silence de l'ignorance elle nous a donné la réponse en rigolant "C'est un pêcneur de Sète qui me l'a dit : avec une turlutte !

Courtecuisse, lui, c’est son vrai nom… on a trouvé que c’était assez marrant comme ça pour pas aller chercher autre chose. Sauf quand il se met en short ; Alors là, on peut pas résister au plaisir de l’appeler Jambes-de-grive.

Ah ! Vous avez  Couillette , Robert Gros, le marchand de journaux : Tout le monde l’appelle  Couillette  sauf sa femme : elle l’appelle  Corinthe …

Et  Frappe-qu’un-coup  ? Le boucher ? C’est son surnom depuis le jour où il avait parié qu’il détacherait la tête d’un bœuf d’un seul coup de hachoir… ce jour là il était un peu bourré et il avait pas vu :

1/ que le bœuf, c’était un taureau,

2/ que l’ouvrier l’avait mal attaché sur le traîneau de l’abattoir

et 3/ qu’il était vivant…  Vous l’auriez vu, dans l’abattoir, courir devant le taureau qui le poursuivait ! Et il gueulait  

- Putain d’ouvrier, tu es virééééééééé 

Et puis vous avez Goliath : 1,55m pour 45 kilos, c’est un cherche merde pas possible ; Un jour, on était dans un bal de village, et comme d’hab il n’avait pas trouvé de nana qui veuille danser avec lui ; Alors, il voit un couple dont le gars mesurait au moins 1,80m et avec un balai qu’il avait trouvé, il voulait faire la danse du même nom ; Vous savez comment ça se joue ? Il y a que des couples plus un gars tout seul avec son balai et il se présente devant un couple et donne le balai au cavalier… normalement le gars doit laisser sa cavalière et prendre le balai seulement là, le gars, pas très cavalier, il y a rien laissé à Goliath ; heu… si, un gros marron dans son nez !

Et Goliath qui gueulait :  

- A moi, les copains !  Pour qu’on vienne le défendre, mais comme il n’avait pas payé sa tournée et que son adversaire avait l’air un peu enragé, on l’a laissé finir son travail, au gars… Vous auriez vous la tronche à Goliath quand on l’a ramené !  C’était qu’une enflure sa tronche ! Ah sacré Goliath, va !

Et puis  La Tremblante … ce mec, on sait tout de suite quand il vient de pisser : il a ses godasses toutes trempées !

Et moi ? Ah, vous ne connaissez pas mon surnom dans la bande, hein ?

Ils m’appellent tous vieux con… C’est affectueux, hein ?

Vous les entendriez me charrier amicalement :

- Hé, vieux con, paye ta tournée !  Ou alors,  

- Hé vieux con, passe moi ta bagnole  ou encore  

- Hé vieux con, ta grosse, elle est encore chez son toubib 

Un jour, la Saint Claude, pas fut-fut, qui me dit : 

- Vieux con ? Mais pourquoi vieux ?

 Il a fallu que j’y explique que c’était pour déconner…

Ah, y a pas, on est une sacré équipe et, pour rien au monde, j’en changerai, si vous voyez ce que je veux dire…

Posté par alain lagrave à 14:11 - Commentaires [0] - Permalien [#]

04 mars 2018

L'autre bar



En face du bar de Courtecuisse, "le grand bar du Commerce", y'a un autre bar ou que je vais rarement; Ils l'ont appelé le Millénaire et personne ne sait pourquoi, mais moi, j'ai ma petite idée : c'est rempli d'intellectuels fatigués genre qui t'explique la transhumance des cloportes pendant les années bissextiles... Faut suivre... Yen a même un qui se prend pour la légende du siècle : il cite souvent Victor Rigaud et tous les grands parleurs qui ont dit beaucoup de conneries que certains se sont empressés de déformer avant de répéter.

Un jour, très solennel, le voilà qui déclame  haut et fort : "les Cévennes sont le creuset de la culture quand on s’occupe de ses affaires"...

Là, personne n'a bronché et un ange chargé d'encyclopédies est passé en rigolant, juste avant que le personnage n'ajoute très sentencieux : "Car en Cévennes, la culture... c'est l'oignon"... Sous les applaudissements muets de l'assistance qui a fait semblant d'avoir pigé.

Le gars, il est toujours en train de dire non : à quoi qu'on balance c'est "non !" Alors les collègues de sa table ils ont cru avoir compris comment le contrer et il envoient l'affirmation inverse mais au bout du bout, c'est toujours non : on se croirait dans une partie de belote coinchée.

Comme chante Courtecuisse en enfilant des grosses lunettes blanches et carrées: "Ça c'est un papé é é qui fait non, non, non, noon, non ; toute la journée, il fait non, non, non, nooon, non" en imitant Paul Nareff, vous savez celui qui a inventé le beau lérot de Cabrel !

Bref, pour en revenir au cultureu, dans une autre vie il jouait au football avec un ballon ovale et si tu veux avoir une conversation saine avec lui, tu commences a dire n'importe quoi et lui, il te réponds à côté comme un rebond de ballon de rugby ; comme ça il aura toujours raison et toi, t'auras peut-être pas tort. Si Bourdieu le veut...

Mais le plus marrant, c'est quand il se coltine avec celui qui, dans une autre vie, jouait au rugby avec un ballon rond ; alors lui, il a gardé ses habitudes de quand il était chien de garde du capitalisme : il bossait dans un organisme philanthropique agraire rase motte qui prête du blé au agriculteurs pour qu'ils puissent pas le rendre comme ça, in finé, nos braves paysans sont fauchés comme les blés, si vous voyez ce que je veux dire...

Mais lui, il bossait au moins 28 heures par jour... vu qu'il marnait la nuit ; enfin, c'est surtout lui qui le suggère avec ses allumages genre : "Et moi, je peux te dire..."

En fait, il s'entend bien avec le cultureu because il écoute pas ce que l'autre lui dit... ça slalome graves dans leurs échanges empathiques où la gentillesse du propos frise la soumission adoubée pour l'amour de l'humain.

T'as toujours l'impression que quand l'un parle, l'autre réfléchit pour envoyer une monstruosité incontournable.

Ah, là,là, y'a du sport au café du millénaire, surtout de 10h30 à 11h30...

Mais je vous en raconterai d'autres plus tard car là, je dois aller chercher madame Poissard, ma femme : avec ce con de docteur, ils ont enlisés mon 4X4 dans le petit bois de frousse chemise en cherchant des champignons... vous pariez qu'ils n'en ont pas trouvés ?

Posté par alain lagrave à 16:41 - Commentaires [0] - Permalien [#]


01 mars 2018

Ce bon docteur

 

On est quel jour, aujourd’hui ? Ah oui, jeudi… et le jeudi après midi, je tiens le magasin tout seul car madame Poissard, ma femme, elle soigne son herpès ;

Le docteur a décrété que le meilleur moyen pour soigner l’herpès de madame Poissard, ma femme, c’est d’aller cueillir des champignons et il se dévoue pour l’emmener tous les jeudis après midi parce que moi, le seul champignon qui m’intéresse c’est celui de notre 4X4 …

Ah quel con ce docteur ! Je vous jure… il ne sait pas que chez nous, les champignons ne sortent qu’un mois dans l’année…

Ah, des cons, il y en a, hein ? Eh, ils n’en trouvent jamais, des champignons ! Ils font rire le monde tous les deux !… Les clients me font des gros clins d’œil :

-                            Alors, monsieur Poissard, vous mangez de bonnes omelettes aux cèpes ?  Et moi, magnanime, je leur réponds :

-                            Tous les jeudis soirs et vous n’en aurez pas, jaloux ! 

L’autre jour, Courtecuisse le patron du café du commerce, il passe la tête par l’entrebâillement de la porte et se met à gueuler :

-                            Eh, Poissard, vaut mieux avoir l’herpès que d’avoir l’air con ! 

     Si tous les docteurs sont comme ça, on a pas intérêt à être malade… Quel con alors ! Si vous voyez ce que je veux dire…

 

Posté par alain lagrave à 18:16 - Commentaires [0] - Permalien [#]

20 février 2018

Le rugby.

Nous revenons de Nouvelle Zélande ; Ah quel pays merveilleux ! C’est dommage qu’il soit peuplé de noirs café au lait, enfin bref, faut pas bouder notre chance d’avoir fait un si beau voyage.

Nous étions partis avec l’amicale du rugby de St Maurice qui envoyait l’équipe fanion pour disputer un match amical payé par la mairie dans le cadre des échanges du jumelage avec un bled de là bas qui s’appelle Okomoyati.

Le cousin de Courtecuisse, qui est entraîneur de l’équipe, nous avait pistonnés car il n’y avait que quatre places d’accompagnateurs.

On était un peu embêtés, madame Poissard et moi, car on devait fermer le magasin et on hésitait à mettre sur la porte une affichette disant :  Fermé pour cause de rugby , les gens auraient jasé… J’ai proposé à madame Poissard de marquer : Fermé pour cause de décès  mais, elle a pas voulu parce que ça porte malheur… puis elle a réfléchi et m’a dit :

- T’as qu’a marquer : fermé pour cause d’essais… Tu fais tellement de fautes d’orthographe que les gens ne seront pas étonnés, et on ne mentira pas.

Ah, elle est balèze la mère Poissard, non ?

Je vous passe les détails du voyage : rien de bien extraordinaire, hormis madame Poissard , ma femme, qui n’a pas arrêté de vomir son petit déjeuner, puis son souper de la veille et même son quatre heures…

Ah si ! Courtecuisse voulait étrangler le pilote car il devait le faire exprès de passer dans les trous d’air, ce con ! L’hôtesse a fait preuve de réalisme en faisant remarquer à notre ami, que s’il étranglait le pilote, personne ne nous ferait atterrir, et du coup il s’est calmé, le Courtecuisse.

Le grand moment du séjour a été le match contre l’équipe d’Okomoyati ; Tout le monde avait dit à nos joueurs qu’ils allaient se faire manger tout cru, que les Néo-Zélandais était si forts qu’ils devaient payer des adversaires pour qu’ils acceptent de jouer contre eux, et plein de conneries dans ce genre…

C’était compter sans Courtecuisse, qui était parti du principe que sans le AKA, les Néo-Zélandais ne valaient plus rien. Pour ceux qui l’ignorent, le AKA est un chant guerrier que les rugbymen de là bas exécutent avant chaque match.

Il faut reconnaître que pour un adversaire, voir quinze bonhommes vociférer un chant de guerre, c’est impressionnant, et c’est le but.

Courtecuisse avait donc donné sa recette et, à la tronche réjouie de nos joueurs sortant des vestiaires, on a comprit que ça aller avoiner sec.

Alors, après les hymnes nationaux, les équipes étaient face à face et les Néo-Zélandais, les yeux pleins de défi, ont commencé leur fameux AKA ; C’est là que le capitaine de notre équipe a compté jusqu’à trois et  tous nos joueurs se sont retournés comme un seul homme et ont baissé leur culotte, laissant voir des paires de fesses bien blanches.

Il vous aurait fallu voir la tronche des tueurs d’en face ! Complètement ahuris, puis dépités et, du coup, ils ont arrêté leur chant de guerre.

C’est là que notre capitaine a gueulé :

- A nous guerriers de France ! 

Et alors là, mes amis, ça a été un des plus grands moments de ma vie.

Dans une chronologie parfaite, chaque joueur français a levé le poing gauche, puis le droit et a laissé le majeur tout raide pointer vers le ciel… le gauche et puis le droit… Nous, on appelle ça un doigt, si vous voyez ce que je veux dire.

Ensuite, ils ont entamé un chant qui disait à peu près ceci : Ta mère est une grosse salope et on va piétiner son connard de fils, on va lui bouffer ses pauvres couilles et lui enfoncer sa sale gueule dans la merde !  Fouille ouille ouillle, ça c’est guerrier !

Ensuite ils se sont mis a sauter en se tenant les coucougnettes d’une main et en continuant à faire un doigt de l’autre ; Et, pour finir, ils ont fait, chacun douze bras d’honneur à gauche et douze à droite…

La tronche des Néo-Zélandais ! Y’en a même un qui laissé une larme rouler sur sa grosse joue…

Et puis le match ! Et quel match ! Des oreilles parsemaient le gazon rougi ; Des dents, ça et là, s’unissaient dans un dernier ballet ; Des arcades ne sourcillaient même plus sous les coups de boutoir de l’ennemi et des doigts visitaient des orbites ennemies afin que l’œil se rince… Quel match plein de vie !

Et le score ? Tenez vous bien : quatre vingt huit à zéro !

Qu’est-ce qu’on a pris ! Qu’est-ce qu’ils nous ont mis !

C’est dans l’avion, pendant le retour, que madame Poissard, ma femme, a failli provoquer une bagarre intra muros carlingue… Elle a juste dit à Courtecuisse :

 - Moi, celui que j’ai le plus apprécié dans notre équipe, c’est le goal. 

Si vous voyez ce que je veux dire…





Posté par alain lagrave à 20:40 - Commentaires [0] - Permalien [#]

13 février 2018

Notre village

Notre village.

Il faut que je vous présente notre village, Granges-en-Cévennes.

Mais ici tout le monde coupe : Granges ça suffit bien vu les impôts qu'on nous impose.

La spécialité du coin ce sont les andouilles qu'on fabrique régulièrement, mais le point fort c'est quand les élections sonnent les rassemblements de ceux qui promettent un avenir meilleur à nos cons de citoyens qui gobent tout ce qu'on leur avance.

Même l'impossible !

Un exemple : aux dernières communales, y'en a qui ont juré qu'ils allaient faire un grand parking en centre ville pour que les gens de l'extérieur puissent venir faire leurs courses chez les petits commerçants du centre ; comme ça ils crèveraient pas, nos chers petits commerces, et les vieux du centre ne seraient pas obligés de sa taper deux kilomètres pour aller à Super Cul... Ben y'en a un paquet qui l'ont cru ! Surtout les vieux qui peuvent plus arquer !

En attendant, Super Cul a agrandi son parking et les vieux se sont achetés une canne.

Et le parking central village n'a pas été programmé because que le maire a découvert incidemment que les caisses étaient à plat à cause du gouvernement qui baissait les subventions communales du jour au lendemain, sans prévenir ! Sauf que ce lendemain là c'était le lendemain des élections !

Salaud de gouvernement !

Notez bien que d'autres ont promis une baisse vertigineuse des impôts locaux ; Juste qu'ils n'avaient pas précisés l'année.

Les grands moments c'est quand y'a une inauguration ; alors là, mes aïeux, ça vaut le coup d’œil !

Les petits devant, les grands derrière et ceux qui votent blanc, au milieu.

                                

Et tout ce beau monde qui fait semblant d'écouter religieusement l'orateur.

Mais faut entendre ce qui se chuchote au sein de l'essaim :

  • J'espère qu'il est pas bègue : t'as vu le paquet de feuillets qu'il tient ?

  • C'est quoi comme apéro, aujourd'hui ?

  • Et vas-y que je te tartine... Et vas-y que je te tartine...

  • S'ils croivent qu'on va voter pour une gauche adroite, ils se le mettent jusqu'au coude

  • En attendant, ce sont les cafetiers qui rigolent grave : leur terrasse est pleine de gens qui vident des demis et puis qui sont pleins.

    Je vous passe les appréciations sur la tenue vestimentaire de la première adjointe qui est hautement susse pectée d'avoir gagné ses galons à grand coups de reins : son décolleté plongeant monopolise les regards car ici, le respect se pose là où l’œil se pose.

    D'après la rumeur, son père ne buvait pas que du Vichy car il aurait été amer de voir sa mère fricoter avec un gugus mi-lisse mi-rugueux qui faisait dans la colle à beau bois... il aurait publié en 1942 une rubrique hautement franchouillarde "La petite prison dans la mairie" ou il était question d'un paysan du Larzac qui, entré en résistance était sorti par la petite porte.

    Le speech enfin terminé, on réveille les morts à grand coup de canards made in fanfare communale ; et, bien sûr à la fin , les applaudissements soulagés crépitent dans l'espoir que le silence fasse place à l'invitation à l'apéro de l'amitié...

Tu parles d'une amitié... Le jour ou on supprime l'apéro on aura le remake du grand silence blanc : "Arrête de prêcher dans le désert, Sahara Bernard"

Ça, c'est la flèche favorite de l'ami Courtecuisse, le digne patron du bar du commerce.

Mai je m’aperçois que je ne vous ai pas présenté la bande du café du commerce : Je vais illico dans un prochain épisode



Posté par alain lagrave à 17:56 - Commentaires [0] - Permalien [#]

09 février 2018

Notre cher commerce

                                                      

Avec madame Poissard, ma femme, nous tenons une boulangerie. Enfin, c’est pas une vraie boulangerie : c’est un terminal de cuisson… un point chaud, comme ils disent ; Parce que on veut bien faire du fric, mais oh ! Faut pas déconner, je vais pas me lever tous les matins à trois heures ! Sans blague !

Non, moi je me lève à sept heures, j’ouvre le magasin à huit heures, pour vendre les restes de la veille, et les emmerdeurs, s’ils ne sont pas contents, ils n’ont qu’à aller à Super Cul : qui ouvre à neuf heures… Hé Hé.

En deux heures, je décongèle les pâtons, monte le four à 150° sel suisse et le tour est joué : madame Poissard arrive à dix heure et se tanque derrière sa caisse préférée : celle qui ne rend pas la monnaie !

Non, je déconne, elle la rend quand les clients reste la main tendue... et là, elle arbore son sourire de politicien qui vient de prendre un râteau aux élections : "Excusez moi j'chui pas encore bien réveillée : mon Poissard m'a astiquée grave, c'te nuit".

Même qu'un jour y'a une jeunette qui, du tacle au tacle, lui a dit : "Ben le mien il mastique plusieurs fois par jour attendu qu'il est vitrier !"

"J'vois pas le rapport" C'est le seul truc qu'elle a trouvé à répondre, ma Poissard qui a ajouté entre ses dents : "T'as qu'a aller à Super Cul, Connasse !"

Mais, pour balancer sa vacherie, elle a quand même attendu que l'autre ait tourné les talons... Hé ! on va quand même pas perdre des clients, non ?

Notez qu’avec Super Cul, on a au moins un point commun : les vrais boulangers, on peut pas les blairer : Tous des prétentieux… Ils te marquent bien gros dans leur magasin :

"Notre pain est entièrement fabriqué dans notre fournil"… Pauvres cons ! Est-ce que nous on marque :

"On sait pas ou notre pain a été fabriqué"?

Et pourtant on le sait pas…

Comme dit le représentant des pâtons congelés :

- Le jour où le gouvernement vous oblige à marquer tous les produits qu’il y a dans votre pain, vous avez aussi vite fait d’ouvrir une pharmacie !

Et ne croyez pas que c’est facile de tenir un point chaud: tous les emmerdeurs, ils sont pas à Super Cul, si vous voyez ce que je veux dire…

Il y en a un que je peux pas blairer : genre intellectuel fatigué… c’est au moins un prof ! Alors, au début qu’il venait, il nous racontait qu’il avait fait l’école des Jésuites d’Arcachon, quand il habitait chez sa marraine d'Oléron, puis l’école des Jésuites de Bouzigues… Qu’est-ce qu’on en a à foutre de là où il a été à l’école !

Té, pas plus tard que dimanche, il se pointe avec sa tronche de lumière éteinte et avec son accent qu’on dirait Balladur qui gronde Sarkozy, il fait à madame Poissard, ma femme :

- Pourrais-je avoir dix croissants dans l’ordre décroissant madame Poissard ? Alors, la mienne, complètement paniquée, elle lui dit :

- Désolée monsieur, nous n’avons pas ça ici… Moi, la moutarde qui me démonte le nez, j’y fais un gros clin d’œil, à madame Poissard, ma femme, et j’y dis :

-Laisse, Maman, je m’en occupe, puis, je me tourne vers l’asticot et d’un regard méchant j’y fais :

-Alors, monsieur, y a un problème ? Et l’autre, pouêt pouêt pouêt… de trouille, il a rien dit…

Comme ça, j’ai pu y filer des croissants normaux…

Et voilà pas qu’il insiste le désossé ? IL me tend un billet de cent euro comme si que j’allais lui dire que j’avais pas de monnaie et qu’il payerait plus tard…

Té ! Que dalle, j’y ai refilé toute ma monnaie et tant pis si j’en avais plus !

Et puis, qu’il me dit, la bouche en cul de moule :

- Heu… voilà, je suis un peu fauché en ce moment, vous seriez aimable de ne dépenser ce billet que dans quinze jours…

Moi j’ai dis oui, bien sûr car il faut jamais dire non dans un commerce, mais le billet on l’a dépensé le lendemain, avec madame Poissard, ma femme.

Non mais, sans blague ! On va pas tenir une comptabilité parallèle pour les clients fauchés, non ? On a déjà assez de boulot avec notre black…

Posté par alain lagrave à 15:06 - Commentaires [0] - Permalien [#]

08 février 2018

Présentations.

 

Bonjour, je m’appelle Poissard, et madame Poissard, ma femme, s’appelle aussi Poissard: c’est pas pratique pour le courrier, mais à la longue nous nous sommes organisés : les publicités pour elle et les factures pour moi.

Il y a parfois des trucs difficiles à gérer: par exemple, quand elle reçoit des pub pour les lotions capillaires pour chauves elle ne me les donne pas, par contre quand je reçois les factures de produits de beauté, je paye, moi!

Et pas qu’un peu! Figurez vous que pas plus tard qu’hier, j’en ai reçu une… Un truc à pas jeter l’eau propre sur sa féminité: crème réductrice de bourrelets, deux cents euros! Hé, elle s’est faite avoir parce qu'elle n’a pas de bourrelets ! Ces bourrelets à elle ça s’appelle des bouées! J’ai regardé dans le dico médical : à moins de vingt centimètres d’épaisseur, ça porte encore le nom de bourrelet… mais pas après… ils sont formels : ce sont des bouées !

C’est comme ses régimes, à madame Poissard… elle en fait au moins trois par an : un avant l’été pour se mettre en maillot, un après l’été pour rattraper ses  dérapages du farniente de l’été  et un avant l’hiver pour ne pas avoir trop à perdre pour attaquer le régime de pré saison, juste avant celui de l’été…

Je sais, ça fait quatre, mais elle bénéficie toujours d’une promo : un trois pour quatre, qu’ils appellent…

Comme elle dit souvent, madame Poissard, ma femme, si Dieu avait créé la femme à son image, il y aurait des fabricants de cosmétiques qui seraient moins gras.

Ah, elle a une sacré volonté, madame Poissard : ça fait huit fois qu’elle arrête de fumer… et chaque fois qu’elle s’aperçoit qu’elle a pris vingt kilos, elle reprend la clope pour maigrir… seulement elle n’en perd que dix, à chaque fois… c’est usant parce qu’elle fait encore plus de régime et comme les régimes ça lui colle la migraine, si vous voyez ce que je veux dire…

Mais elle a beaucoup d’humour, madame Poissard.

Elle dit un truc que tout le monde ne comprend pas tout de suite :

"Moi, quand je maigris, je m’aigris et quand je m’aigris je grossis donc, quand je maigris, je grossis ! Et comme quand je grossis ça m’aigrit, il vaudrait mieux que je jeûne et j’ai donc entamé une longue période de jeunes dont le plus vieux n’a même pas dix huit ans…"

Elle est balèze, madame Poissard, non ?

Posté par alain lagrave à 15:45 - Commentaires [0] - Permalien [#]