Présentations.

 

Bonjour, je m’appelle Poissard, et madame Poissard, ma femme, s’appelle aussi Poissard: c’est pas pratique pour le courrier, mais à la longue nous nous sommes organisés : les publicités pour elle et les factures pour moi.

Il y a parfois des trucs difficiles à gérer: par exemple, quand elle reçoit des pub pour les lotions capillaires pour chauves elle ne me les donne pas, par contre quand je reçois les factures de produits de beauté, je paye, moi!

Et pas qu’un peu! Figurez vous que pas plus tard qu’hier, j’en ai reçu une… Un truc à pas jeter l’eau propre sur sa féminité: crème réductrice de bourrelets, deux cents euros! Hé, elle s’est faite avoir parce qu'elle n’a pas de bourrelets ! Ces bourrelets à elle ça s’appelle des bouées! J’ai regardé dans le dico médical : à moins de vingt centimètres d’épaisseur, ça porte encore le nom de bourrelet… mais pas après… ils sont formels : ce sont des bouées !

C’est comme ses régimes, à madame Poissard… elle en fait au moins trois par an : un avant l’été pour se mettre en maillot, un après l’été pour rattraper ses  dérapages du farniente de l’été  et un avant l’hiver pour ne pas avoir trop à perdre pour attaquer le régime de pré saison, juste avant celui de l’été…

Je sais, ça fait quatre, mais elle bénéficie toujours d’une promo : un trois pour quatre, qu’ils appellent…

Comme elle dit souvent, madame Poissard, ma femme, si Dieu avait créé la femme à son image, il y aurait des fabricants de cosmétiques qui seraient moins gras.

Ah, elle a une sacré volonté, madame Poissard : ça fait huit fois qu’elle arrête de fumer… et chaque fois qu’elle s’aperçoit qu’elle a pris vingt kilos, elle reprend la clope pour maigrir… seulement elle n’en perd que dix, à chaque fois… c’est usant parce qu’elle fait encore plus de régime et comme les régimes ça lui colle la migraine, si vous voyez ce que je veux dire…

Mais elle a beaucoup d’humour, madame Poissard.

Elle dit un truc que tout le monde ne comprend pas tout de suite :

"Moi, quand je maigris, je m’aigris et quand je m’aigris je grossis donc, quand je maigris, je grossis ! Et comme quand je grossis ça m’aigrit, il vaudrait mieux que je jeûne et j’ai donc entamé une longue période de jeunes dont le plus vieux n’a même pas dix huit ans…"

Elle est balèze, madame Poissard, non ?